Apostat Kabyle AK

Jihad

 

Jihad, ou djihad, c'est l'équivalent des mots "lutte", "combat" et de l'expression "exercice de force". Daniel Pipes le traduit ainsi: "Le djihad est la    «guerre sainte    ». Plus précisément, cela signifie la tentative légale, obligatoire et commune d'étendre les territoires régis par les Musulmans au détriment des territoires régis par les non-Musulmans" (//www.nuitdorient.com/n239.htm).

En français, ces mots ont plusieurs interprétations. Il semble en être de même en arabe. C'est ainsi que, dans son ouvrage Muqaddimah, Ibn Khaldoun classe le djihad dans 4 catégories.

 

- 1 Le djihad du cœur, décrit aussi comme le grand djihad: c'est la "lutte de l'individu contre ses désirs, ses passions et ses compréhensions erronées".

 

- 2 Le djihad de la langue: passe par l'éducation et l'enseignement (du seul coran ou enseignement au sens général?). Basé je crois sur la première sourate "révélée" dans la grotte: "Lis, au nom de ton seigneur!" (sourate 96 verset 1). 


- 3 Le djihad de la main: le combat par l'écriture. C'est ce qui explique le foisonnement des sites islamiques, qui, à des degrés divers, sont engagés plus ou moins violemment dans une lutte acharnée contre les
valeurs occidentales, qu'ils qualifient d'impies et de dépravées. Le djihad de la main est justifié par ce verset: "q
ui a enseigné par le calame [la plume, le crayon], a enseigné à l'homme ce qu'il ne savait pas" (sourate 96 verset 4).
- 4 Le djihad par l'épée, ou le "petit djihad": il découle du djihad par la main, celle qui tient le
calame, mais aussi le cif (cimeterre), la main qui fait la guerre; c'est le djihad "bi-cif" (par l'épée), devenu expression qui, dans le langage populaire d'Afrique du Nord (je ne sais pas si l'expression est utilisée ailleurs), a pris le sens "d'obligation". Au cours de l'histoire, il a servi d'argument pour légitimer les guerres, en faire des guerres saintes contre les impies, les polythéistes, les mécréants... C'est dans ce sens d'obligation qu'il est compris par la très grande majorité des musulmans et surtout par tous les dégénérés qui se font exploser la panse en entrainant avec eux des innocents. Qui trouvent la justification de leurs actes débiles dans une profusion de sourates de cette belle oeuvre d'amour et de paix qu'est le coran. En voici un petit aperçu (j'ai dû faire un choix difficile, tant les sourates sont multiples à avoir en commun la violence et les appels à la violence):


- « Tuez-les partout où vous les trouvez et chassez-les d'où ils vous ont chassés, car la subversion est pire que le meurtre. Ne les combattez pas, cependant, auprès de la mosquée sacrée, à moins qu'ils ne vous y attaquent les premiers. Dans ce cas, n'hésitez pas à les tuer. Ce sera la juste récompense des infidèles » (sourate 2 verset 191).

- «  Ils souhaitent tant vous voir perdre votre foi comme ils l'ont eux-mêmes perdue, pour que vous soyez tous pareils. Ne formez pas de liaisons avec eux, tant qu'ils ne se seront pas engagés résolument dans la voie du seigneur. Mais s'ils optent carrément pour l'apostasie, saisissez-les et tuez-les où que vous les trouviez ! Gardez-vous de prendre parmi eux des amis ou des auxiliaires » (sourate 4 verset 89).

- « Si ces gens-là [les idolâtres] ne se mettent pas à l'écart, ne vous offrent pas la paix et ne s'abstiennent pas de vous agresser, alors saisissez-les et tuez-les où que vous les trouviez ! Nous vous donnons sur eux plein pouvoir » (sourate 4 verset 91).

- «  La seule récompense de ceux qui font la guerre à dieu et à son prophète, et qui provoquent le désordre sur la terre, est qu'ils soient mis à mort, crucifiés ou amputés d'une main et d'un pied par ordre croisé, ou qu'ils soient expulsés du pays. Ce sera une dégradation pour eux, dans ce monde, en plus du terrible châtiment qui les attend dans la vie future » (sourate 5 verset 33).
 - « Combattez-les jusqu'à ce qu'il n'y ait plus de sédition et que tout culte soit rendu uniquement à dieu. Mais, s'ils désarment, qu'ils sachent que dieu voit parfaitement ce qu'ils font »  (sourate 8 verset 39).
 - «  Les plus viles créatures pour dieu sont les infidèles obstinément réfractaires à la foi qui, à chaque instant, violent le pacte que tu as conclu avec eux, sans le moindre scrupule. Si donc tu les maîtrises au cours d'un combat, inflige-leur un châtiment propre à dissuader ceux qui seraient tentés de suivre leur exemple. Peut-être seront-ils ainsi amenés à réfléchir» (sourate 8 versets 55/56/57).

C'est de loin la 4ème catégorie de djihad qui retient le plus l'attention, tant chez les musulmans que chez les non-musulmans. Il semble que ce soit al-Shafi (//fr.wikipedia.org/wiki/Al-Ch%C3%A2fi%27%C3%AE) qui ait le premier introduit l'idée selon laquelle le djihad doit être une guerre permanente contre les non-croyants et pas uniquement lorsqu'il y a un conflit déclaré. Il l'aurait fait en s'appuyant sur ce verset : « Tuez les polythéistes partout où vous les trouverez » (sourate 9 verset 5).  Le mot prend alors toute sa force quand il est suivi de l'expression « fi sabil allah » bien connue dans le monde musulman. Le "djihad fi sabil allah", c'est le combat sacré (la guerre sainte) dans le chemin de dieu. Il aurait ainsi privilégié ce qui est, du coup, injustement appelé petit djihad: en réalité, son importance dans le monde musulman est immense, comparée au grand djihad, l'effort sur soi-même. Cette confusion est-elle encore un effet de la taquia ou est-elle due à l'ignorance?

 

Taquia oblige, certains musulmans nous décrivent le djihad uniquement dans son bel étui doré d'effort intérieur dans le but de s'améliorer. Mais la mayonnaise ne prend plus et pour convaincre même les plus naïfs, il suffit simplement de rappeler que le mot "moudjahid" (pluriel "moudjahidines") a pour racine "djihad". La notion de djihad majeur est bien réelle, mais elle est loin d'être l'expression dominante de nos jours!



Marie-Thérèse Urvoy (islamologue et prof. d'arabe à l'Institut Catholique de Toulouse) ne peut pas être soupçonnée d'islamophobie. Pour moi, au contraire, avec les connaissances qu 'elle a de l'islam, je trouve qu'elle est trop bienveillante envers ce dogme. Voilà pourtant comment elle analyse le djihad:

"On ne saurait donc opposer le jihad au qital (combat). Qu'il y ait, dans les 18 occurences où le sens reste vague, possibilité pour les musulmans de greffer la théorie du jihad majeur contre soi-même, on peut l'admettre. Mais il est illégitime d'affirmer que le jihad coranique est uniquement spirituel. En revanche, l'on peut dire que dans le texte de la période mecquoise, l'emploi du terme jihad et ses dérivés, semble désigner plutôt une guerre spirituelle, à savoir : respecter la consigne de résister à l'impiété environnante. Le mot d'ordre suprême est alors tenir ferme. Ce qui reste compatible avec les menaces contre les infidèles, qui se réaliseront dans la période médinoise... Par ailleurs, qualifier le combat de jihad mineur ne signifie pas son élimination, et l'histoire islamique a connu nombre de soufis s'adonnant au service militaire dans les ermitages-forteresses appelés ribât".

 

"Il est illégitime d'affirmer que le djihad coranique est uniquement spirituel". Bel euphémisme pour dire que le djihad pousse à la violence et au meurtre. Voilà donc le vrai djihad, du moins tel que perçu par les musulmans eux-même. Il exploite tout ce qui peut lui tomber sous la main dans sa guerre perpétuelle contre les impies, Occident en tête.

 

Il va même jusqu'à s'immiscer dans la révolution tunisienne et essayer de la récupérer et de s'en attribuer les mérites: //www.humanevents.com/article.php?id=41243

 

 

ajouté le 25/01/2011:


Comment on se rend compte de l'évolution des moeurs et comment le langage est influencé par son environnement: à côté d'une myriade de mots islamo-arabes entrés dans le langage commun (ramadan, minaret, halal, haram, aïd, etc...) djihad est présent dans le Larousse 2005 alors qu'il ne figurait pas par exemple dans le Flammarion de 1991. Voici la définition du Larousse 2005:

 

djihad [dziad] n. m. (ar. djihad, effort, combat dans le chemin de Dieu). 

 

1. Combat intérieur que tout musulman doit mener contre ses passions (considéré par le prophète Muhammad comme le djihad majeur).

2. Combat pour défendre le domaine de l'islam (qualifié de mineur).

 

 

C'est là qu'on voit que même l'Académie Française a été prise au piège de la taquia! Car la notion de dihad majeur et djihad mineur ne trouve sa source ni dans le coran ni dans les hadiths, ce qui veut dire que le prophète des musulmans n'a donc jamais prononcé aucun de ces 2 adjectifs pour qualifier le djihad. D'ailleurs, les incontournables et incontestables Bukhari et Muslim ignorent eux aussi totalement le sens spirituel de ce mot. On ne trouve pas non plus cette notion chez les exégètes du coran (moufassirs, rédacteurs de tafsir). Alors, comment comprendre que les prestigieux Académiciens se soient emmêlés ainsi les crayons? Victimes de la taquia?



22/01/2011
5 Poster un commentaire