Apostat Kabyle AK

Chroniques de la péninsule arabique

 

 
A) De l’authenticité du corpus coranique.
Selon plusieurs souces fiables, le coran est en partie issu de légendes et traditions syriaques. On peut notamment citer les travaux de Günter Lüling ( //fr.wikipedia.org/wiki/G%C3%BCnter_L%C3%BCling ) et de George Christoph Lichtenberg(  //fr.wikipedia.org/wiki/Georg_Christoph_Lichtenberg ).
 
Mais si l'on s'en tient uniquement à la version contestable et contestée des arabo-musulmans, la révélation s’est faite en arabe qoraïchite, une variante des patois arabes et yéménites. Les premiers transcripteurs ont été les compagnons de Mahomet, notamment Ubbay ibn Kab et surtout Ziad ibn Thabit. Ils se sont attachés à consigner par écrit les sourates. Leurs transcriptions ont dans la plupart des cas été faites avec l’aide des récitants qui connaissaient chacun des sourates ou morceaux de sourates (versets plus ou moins longs). On les consigna donc sur des morceaux d’os de chameau, des morceaux de cuir, des feuilles de palmiers, etc.
Les successeurs de Mahomet, les premiers califes (Abu Bakr, Omar et Othman et Ali), vont tour à tour collecter les différentes transcriptions. Ainsi, après la mort de Mahomet, il y eut ce qui peut être considéré probablement comme une première compilation, faite par Ziad à la demande d’Abu Bakr, le beau-père de Mahomet et 1er calife. Elle le fut "sur des feuilles", sans autre précision. La collecte de ces feuilles est sujette à controverse : pour certains auteurs de hadiths, c’est Abu Bakr qui en fut le premier détenteur, alors que pour d’autres, dont le fameux Bukhari (véritable référence en matière de hadiths, il en a rassemblé plus de 600 000), ce serait Othman, le troisième calife. Celui-ci en aurait fait la version officielle et définitive qu’on a appelé depuis la "vulgate othmanienne". Mais nombre de versions (différentes pour la plupart) existent, en cette période où chacun semble vouloir être calife à la place du calife (comme l’Iznogoud de la BD) et successeur de celui qui n’a pas de successeur. Tandis que pour les chiites, la collecte en aurait été faite par le gendre de Mahomet, Ali. Comme j’ignore presque tout du chiisme, je n’en dirais pas plus.
En 644, Omar, second calife et lui aussi beau-père de Mahomet (qui a eu onze épouses, pas une de moins!), tente de faire détruire tous les autres corpus, dans le but de contrer les chiites. Mais il se trouva confronté à une impossibilité, puisque Hafsa, une des veuves du prophète, en détenait elle aussi: personne ne songerait à s’attaquer à la veuve de Mahomet. Ainsi, Omar ne put arriver à ses fins mais le temps a continué le travail pour lui : le fruit du labeur de copiste de certains compagnons, ayant échappé à la destruction, a été égaré pour toujours.
Ibn Mussad, un des récitants de Mahomet, connaissait une soixantaine de sourates par coeur. Il refuse à son tour de détruire son corpus, ayant constaté des différences dans le classement des sourates, ainsi que de nombreuses modifications dans le texte. Il sera considéré ainsi comme chiite. Une parenthèse sur le chiisme: il désigne les partisans d'Ali, gendre de Mahomet, qui entra en conflit avec les premiers califes ainsi qu'avec Aïcha, une autre veuve de Mahomet.
Abu Mussa aussi apporte sa contradiction : son texte recensé comporte de nombreuses variantes qu’il était en outre le seul à mentionner. Ibn Abbas, cousin de Mahomet, avait l’habitude de tout consigner sur Mahomet et ses compagnons. Ses écrits contredisent en beaucoup de points ceux de la vulgate othmanienne. Il est considéré par les Soumis comme l’exégète le plus complet et le plus grand des savants de son époque. Ils omettent simplement de signaler qu’il se révéla surtout être un petit brigand des sables qui, en abandonnant son poste de gouverneur de Bassorah, est parti avec ... la caisse, comme un vulgaire voleur. Lui le grand Uléma ! Parmi les collectionneurs, il faut aussi citer Asma, fille de Umays, dont on reparlera à propos des hadiths.
A la mort de Omar, les feuilles qu’il détenaient revinrent à sa fille (et veuve de Mahomet), la belle Hafsa. En plus de sa beauté, elle était une des très rares femmes de l’époque à être instruite, ce qui était suffisant pour instiller un doute sur des manipulations possibles. Ce n’est que 20 ans après sa mort que le calife de Médine, Marwan, fit détruire les feuilles qu’elle hérita de son père, arguant de ce prétexte : "je crains qu’avec le temps, quelques sceptiques n’émettent des doutes sur la véracité de ces feuilles". Donc, pour supprimer le doute, le plus simple est de supprimer la cause du doute, les feuilles. Pour guérir une maladie, supprimons le nom de la maladie! Mais il avait pressenti le danger bien réel : les fameuses feuilles de Hafsa contredisaient trop la vulgate othmanienne.
Que dire dans ces conditions de cette "vulgate officielle" qui ne cessait pourtant pas d’être remaniée et qui comportait tant de variantes ? Sachant que tout ce beau monde avait chacun une lecture bien personnelle, qui était interprétée par chacun des autres comme sans valeur, ce qui a conduit les musulmans à se rebeller les uns contre les autres. Pourtant Dieu ne leur avait-il pas enjoint de ne pas s’entretuer, de garder leur cif tranchant pour les Juifs, les Chrétiens et les insoumis ? Une solution, il faut réviser la vulgate d’Othman. On s’attela alors à ce travail (ce tripatouillage) qui consiste entre autres à introduire la notation des voyelles brèves (ces signes placés au dessus ou en dessous des lettres), on ajouta les signes diacritiques (ce qui équivaut pour le français à placer des signes comme cédilles et trémas), on rectifia les fautes d’orthographe et les erreurs de transcription dues aux copistes, etc. C’est lors de ces révisions qu’on donna aussi des titres aux sourates. Autre modification, des plus importantes : à l’époque Abbasside, vers 750, on changea complètement de style en adoptant le style de Coufa (ville d'Irak et bastion d'Ali et des premiers chiites) au détriment de l’originel, le style du Hedjaz. Les graphies anciennes vont disparaître complètement.
Toutes ces révisions ne peuvent pas être sans conséquences sur le sens initial du "message" originel ! D’autant que s’ajoutent à cela tant de conflits sociaux, de conspirations, de conjurations qui ne sont pas sans effet sur le texte, en perpétuelle remise en cause. Guerre de clans et conflits entre Aïcha et Ali, vendetta des Ommeyades contre Othman, conjuration des Alides contre le même Othman, encerclé dans sa "Maison", révolte des "Ambitieux" menés par Muawiya, et surtout les batailles restées célèbres comme celle des Chameaux (Aïcha y assista sur un chameau protégé d’une "armure de fer", d’où le nom), bataille de Siffin, extermination des Kharijites (les Sortants) lors de la bataille de Nawrawan, etc, sans oublier l’assassinat d’Ali, dans sa ville de Coufa, à l’intérieur-même de ce lieu réservé au culte de Dieu qu’est la mosquée. La suite ne sera guère mieux. C’est dans ce climat délétère que se dégagèrent les 4 écoles religieuses du sunnisme: la hanafite, la malékite, la shafiite et la hanbalite.
En résumé, les transcriptions détenues tour à tour par Abu Bakr et Omar furent jugées incomplètes et imparfaites par la plupart des prescripteurs. Vinrent ensuite les guerres entre les différents courants, guerres idéologiques et guerres d’ambitions, guerres entre tribus et clans, avec le cif (cimeterre) et avec le verbe. En plus de tous les tripatouillages non recensés et non répertoriés, tous les marchandages, les règlements de compte, etc... Plus d’autres tripatouillages supposés, par les adeptes d’Ali. Ainsi, de tout ce fatras et cet imbroglio va sortir l’orthodoxie des mahometans. Il faut aussi savoir que près de 3 siècles séparent la première collecte faite par Othman de la version "complète et officielle" du "Chefs des Lecteurs" de Baghdad, Ibn Muhajid, mort en 936. Les différentes versions intermédiaires ont par ailleurs été sujettes à d’interminables querelles entre grammairiens, entre exégètes et entre grammairiens et exégètes, au fur et à mesure que le système d’écriture se diversifie et se complique.
Ainsi, les variantes se multipliant à devenir pléthore, on arriva à considérer vers l’an 750 que toute récitation est bonne pourvu qu’on respecte le sens (sic). Mais, de quel sens s'agit-il? Car le sens originel était bel et bien perdu, et pour toujours ! Entretemps, les Ummeiyades, notamment durant le règne de Muawiya (661 à 685) trouvent la parade : faire disparaître les manuscrits anciens. A leur habitude, les musulmans résolvent le problème de manière lapidaire et irrémédiable, en supprimant tout ce qui gène. Par la même occasion, le sang va couler à flots : guerres civiles et religieuses contre les kharajites, les chiites et les Qoraïchites. La chronique de ces massacres est trop longue, ce qu’il faut savoir c’est que ça continue ainsi jusqu’au règne de Hisham (729 – 743) et qu’entre-temps, il y eut la première conquête de l’Afrique du Nord (Tripoli en 647, Tlemcen, Volubilis, Agadir, entre 680 et 682). Pauvre de nous, chers concitoyens Kabyles ! Ils n’auraient pas pu rester à s’entretuer sur leur territoire asiate ?
Pour compléter l’article : la version othmanienne est suspectée à juste titre de comporter trop d’anomalies dues à plusieurs facteurs : écriture arabe encore incertaine, forme des lettres non normalisée, variation du texte d’un scribe à l’autre, etc. Les voyelles brèves n’étaient pas notées, de sorte qu’un mot pouvait avoir plusieurs significations, par exemple : KTB pouvait signifier "scribe", "livre", "il a écrit", etc . Cette absence de notation des voyelles ne permettait pas non plus de déterminer pour un mot s’il est nom commun (voyelle u en arabe), complément d’objet (voyelle a) ou complément circonstanciel (voyelle i). Le récitant se retrouve ainsi dans la position d’un musicien dont la partition n’aurait ni clefs, ni bémols, ni dièses, ni mesure, ni valeur de notes. (ref. Roger Caratini, p. 214/215).

B) Les anciens Corans retrouvés
Le plus vieux manuscrit retrouvé semble être celui de Tachkent (Ouzbékistan), ce serait le seul vestige de la vulgate otmanienne (donc en caractères coufiques, version altérée puisque les seules "pures" ont été écrites dans la version du Hedjaz). Est-il complet ou non ?
Sinon, il y a également un autre manuscrit, incomplet, qui daterait de 1164 et conservé dans une mosquée de Jiezi (province de Xinhua, Chine).
Quant aux formes actuelles, il y eut d’abord une 1ère version imprimée faite à Venise mais détruite sur ordre en 1530 (on se méfie toujours de ce qu’on ne connait pas, monsieur Gutenberg !).
Quant à l’édition imprimée la plus ancienne recensée, c'est celle de Saint-Petersbourg et elle date de 1787.
Enfin, jusqu’en 1937, l’édition de référence a été celle rédigée entre 1858 et 1860 par ... Wüstenberg, ça ne s’invente pas !!!
Voilà donc la réalité de ce livre que les adeptes de Mahomet considèrent comme étant la transcription de la parole divine, dans une langue pure, inaltérable et inaltérée et qui n'a subi et ne subira jamais aucune modification.




C) De l’authenticité des hadiths.
Pour les hadiths, il faut savoir que leurs transcriptions ont été faites sur une échelle de temps très longue, presque 2 siècles. Les premiers transcripteurs sont les compagnons, qui s’attachent à consigner par écrit les actions, comportements quotidiens, paroles, gestes, allusions, etc de Mahomet.
Où on reparle de Asma : elle fut la troisième épouse de Abu Bakr avant d’être mariée à Ali, dont la première épouse est Fatima, fille de Mahomet (ces mariages croisés, "en famille", étaient monnaie courante à l’époque !) . Personnage important, car il était admis que Fatima lui aurait conté plusieurs traditions liées à son père. Elle est ainsi devenue une des principales sources de hadiths. Avec Aïcha, la prolixe, qui meurt 46 ans après son prophète de mari et qui, à ce titre, est considérée comme une source très précieuse. Où il apparaît qu’on peut faire confiance aux femmes, malgré les sourates qui exhorte les hommes à s'en méfier, malgré la sourate qui veut que leur témoignage ne peut être valide que si elles sont 2 à le faire simultanément ! Ne chipotons pas, considérons qu’en tant que veuve de Mahomet, Aïcha a gagné ses galons de conteuse crédible. Ces récits, étoffés au fil du temps, constituent avec le texte coranique ce qu’on dénomme la sunna (la tradition), que chaque sunnite se doit donc de suivre aveuglément. Ainsi, si Mahomet urine d’une certaine manière ou mastique une datte pour en faire une bouillie à donner au nourrisson, cela est consigné et les Soumis devront reproduire son geste à travers les temps et toute la Umma devra s’y conformer. Les récits ainsi rapportés forment les hadiths, transcrits vaille que vaille à travers ces presque 2 siècles.
Face au danger d’éclatement de l’islam par les nombreuses guerres et querelles internes, il devint urgent de les recenser et d’en vérifier l’authenticité. Le mot est lâché : authenticité ! Comment faire pour certifier un texte quand les protagonistes sont morts, quand les compagnons ne sont plus là. On imagina une chaîne de "garants", qui devaient être composée d’au moins 3 personnes : un "exégète" (compagnon, épouse, ami), un témoin oculaire et un participant, la chaîne pouvant aller jusqu’à 4 ou 5 rapporteurs (ou même plus ?), qui pouvaient être un transmetteur, un affranchi ou encore un élève d’un des "lecteurs" de Mahomet ). Ainsi, un hadith authentifié peut commencer de cette manière : "Untel a dit à Untel, qui l’a rapporté à Untel, qui l’a transmis à Untel que le Prophète ...". Chaîne à 4 garants. Pour qu’il soit considéré comme sahih (sain) donc être authentifié, il suffit que le premier Untel soit une épouse, un compagnon (nom donné aux premiers convertis d’avant Médine) ou un ansar (compagnon d’après la période médinoise). Peu importe alors si le dernier rapporteur a vécu 30, 40 ans ou plus après le premier. Peu importe qu'il ait bien compris ce qui lui a été dit. Peu importe s'il n'a pas enjolivé le récit à sa manière. Peu importe aussi que l'avant dernier transmetteur, dans une chaîne de 3 ou plus, n'ait pas fait les mêmes erreurs ou manipulations. Les transmetteurs n’étaient pas contemporains de Mahomet, ils vécurent pour certains au VIIIème et IXème siècles de l’ère chrétienne, tel Hafs ben Suleyman, mort en 874, ou encore Hisham ben Amar, mort en 860.
On comprend aisément que les transcriptions, les chaînes de garants, les polémiques aient donné des textes pour le moins sujets à caution, où le hasard et les modifications aléatoires jouent un rôle trop important, loin de la volonté déclarée d’établir un texte véridique. Pour un esprit rationnel enclin au pragmatisme, la question d’authenticité dans ces conditions ne peut être certifiée, compte tenu de tous les aléas liés aux transcriptions ainsi qu’aux sources. Et dans ce cas, on ne parlerait alors que de probabilités. Mais il n’en va pas de même pour les Bukhari, Muslim, Abu Daoud, Tirmidhi et les autres ! Et, si Bukhari et Muslim sont considérés comme "rigoureux", c’est-à-dire intègres dans les limites plus qu’aléatoires qu’ils se sont fixés eux-même, il en va tout autrement pour d’autres, tel Tirmidhi, pourtant reconnu, qui ne s’embarrasse pas de fioritures en n’exigeant pas un garant reconnu ou encore comme al-Nasaï qui se satisfait d’un garant qui ne serait pas déclaré non crédible par tous les autres. Pourtant, les hadiths de Tirmidhi sont considérés sahih et al-Nasaï était un élève de Abu-Daoud.
Ce qui donne des hadiths de ce type (ce n'est pas le plus violent ni le plus incrédible!) [Muslim, n° 4016]:
"D’après Abu Hurayra,le prophète a dit : si quelqu’un, sans que tu l’y aies autorisé, regarde dans ta maison, tu n’auras commis aucune faute s  i tu lui crèves  un œil".

D) La sunna des musulmans
Voilà ce bel ensemble qui est appelé Sunna, composé de ce texte "véridique", cette "parole descendue de Dieu", par Dieu lui-même "derrière un voile", ou par l’intermédiaire de l’ange Gabriel aux 600 Ailes, dans "la langue inaltérable et inaltérée" du désert arabique, au VIIème siècle de l’ère chrétienne, avec son chapelet de traditions-hadiths tout aussi abracadabrantes ... et qui perdurent jusqu’à nos jours. Un ensemble de textes pour idolâtres et uniquement pour eux. Mais, au fait, l’idolâtrie n’est-elle pas contraire aux principes édictés par ce Dieu "plein de sagesse et de bon sens" ? Un ensemble de textes qui a pour fondement, pour fondation, un livre où ne figure pas une seule fois le mot honneur mais où il a été donné neuf noms à l’enfer : An Nar ( sourate 2 verset 24), Al Jahim (sourate 2 verset 119), Jahannama (sourate 2 verset 206), As Saïr (sourate 4 verset 10), As Samum (sourate 52 verset 27), Saqar (sourate 54 verset 48), Sidjine (sourate 83 verset 7), Hawiyah (sourate 101 verset 9) et Al Hutamah ( sourate 104 verset 4). Afin que les Soumis n’oublient pas de se frapper le front contre le sol, 5 fois par jour, pour y échapper !

Sources: - « L’islam cet inconnu » par Roger Caratini, éd. Michel Lafon (2001)
                 - islammedia.free.fr
                 - islamreligion.com
                 - al-islam.com (site officiel du Ministère saoudien du culte)
Publié le 16 juillet 2009 sur ADN.com, complété et mis à jour.


13/01/2011
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